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L’affaire Wybran, échec cuisant : “L’assassin de son mari vit en Belgique, libre”

L’affaire Wybran, échec cuisant : “L’assassin de son mari vit en Belgique, libre”
Written by admin7

La journaliste française Agnès Bensimon balance sur l’Affaire Wybran, cet échec cuisant de la police et de la justice belges. La veuve du docteur Joseph Wybran, assassiné en 1989 à Bruxelles, renonce à s’adresser à la Cour internationale de justice de La Haye. L’information est révélée, pour la revue juive en ligne K., par la journaliste Agnès Bensimon, 18 mois après le non-lieu prononcé fin 2020 par la justice belge.

La journaliste française a pu rencontrer, à Tel Aviv, Mme Emmy Wybran-Sosnovski dont le mari, président du CCOJB et chef du service d’immuno-hémato à l’hôpital universitaire Erasme, y a été abattu, sur le parking, le 3 octobre 1989 à Anderlecht.

Contactée par nos soins, Mme Wybran confirme. Âgée de 72 ans, elle s’est installée définitivement en Israël. Impensable pour elle, de continuer de vivre dans un pays dont la justice n’a pas fait le job. Dans un pays où celui qui a mis une balle dans la tête de son mari “vit toujours, libre”, n’a jamais été jugé et ne le sera jamais. Dans son article “Retour sur l’affaire Wybran”, Agnès Bensimon désigne sous ses initiales A. M. l’homme qui a tué Joseph Wybran. L’information était connue. Elle s’appuie sur les aveux obtenus, en 2008 au Maroc, du commanditaire de cet assassinat et de cinq autres à Bruxelles : Abdelkader Belliraj.

Ce Belliraj avait constitué une cellule qui opérait sur le territoire belge pour le compte du Palestinien Abou Nidal, fondateur du Fatah-Conseil révolutionnaire. Arrêté au Maroc, Belliraj confessait en 2008 avoir exécuté ou fait exécuter 6 personnalités juives et non-juives en Belgique, dont deux où ils se sont trompés de cible. Dernier dans la liste, le Dr Wybran.

Dans son article, la journaliste rappelle les dysfonctionnements nombreux et consternants qui eurent lieu, de la scène de crime qu’on négligea de sécuriser, au portrait-robot d’un témoin clé qu’on oublia de diffuser, en passant par la balle fatale qui ne fut jamais retrouvée. Plus tard, la Sûreté de l’État affirmerait que Belliraj avait, en 1989, un casier judiciaire vierge alors qu’il était connu en 1986 et 1987 pour coups et blessures volontaires, fraude au sein de la CSC, abus de confiance et soupçons de trafic d’armes, faux passeports et appartenance à une organisation radicale. Et qu’il avait été observé par les services belges en 1986, 1988 et 1990 lorsque ces derniers s’intéressaient au profil chiite de celui qui le serait encore en 1993 et 1999 et aurait – là, le conditionnel s’impose – rencontré ben Laden dix jours avant les attentats du 11 septembre.

Des mains invisibles ont pesé sur l’enquête. Et avec elles des freins et des œillères.

Il est vrai qu’Abdelkhader Belliraj rendait service. En 2000, en dépit des six assassinats (que la Sûreté ignorait), il devenait, à Gand, un informateur rémunéré de la Sûreté de l’État, section Affaires musulmanes, payé à l’information au moyen de salaires quasi mensualisés. Peut-être fallait-il aussi se concilier les bonnes grâces d’Abou Nidal dans les tractations qui se déroulaient au moment des assassinats après l’enlèvement fin 87 au large du Liban du couple belge Houtekins-Kets et de leurs enfants, suivi en mai 88 du médecin humanitaire belge Jan Cools. Tous furent libérés en juin 89 et mars 91.

Alors que la justice marocaine condamnait Belliraj le 27 juillet 2009 à la prison à perpétuité, la Sûreté belge concluait dans son rapport d’activité 2008, mis en ligne en 2010, que “les éléments avancés par le Maroc n’ont donc pas permis de démontrer de manière indiscutable l’existence d’un réseau et l’implication de celui-ci dans six meurtres en Belgique.” En 2018, de report d’audience en report d’audience, la justice s’ingéniant à faire traîner les choses, le parquet fédéral s’appuyait sur ces vieilles conclusions de 2008 pour réclamer le non-lieu dans l’enquête pénale, et finalement l’obtenir, par le jeu de la prescription, le 24 décembre 2020, veille de Noël.

Certes, Belliraj est condamné à perpétuité au Maroc et la famille Wybran peut trouver une consolation dans le fait que le bonhomme doit certainement regretter de ne pas purger sa peine dans une prison belge. Mais six assassinats avec trois victimes belges, perpétrés sur le sol belge, n’ont pas été jugés en Belgique. Et toute la bande à Belliraj a échappé. Avec, dans cette bande, des complices et coauteurs d’homicides terroristes antisémites. Dont celui du grand docteur Joseph Wybran.

Après son combat aux côtés de l’avocate Michèle Hirsch, Mme Wybran renonce. Elle n’ira pas plus loin. La veuve ne portera pas l’affaire à La Haye, “faute de pouvoir supporter la charge d’une nouvelle procédure.” Pour la journaliste Agnès Bensimon, “la résignation l’a emporté, malgré la colère et la honte que chacun éprouve toujours. Justice n’a pas été rendue.”

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