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Léon, retraité belge, attend son argent depuis 23 ans : “Je me suis fait entuber par un banquier véreux”

Léon, retraité belge, attend son argent depuis 23 ans : "Je me suis fait entuber par un banquier véreux"
Written by admin7

Bien sûr, on peut penser que Léon aurait dû se montrer plus prudent. Il y avait, chez ce banquier auprès de qui il sollicitait un prêt, des signes qui auraient dû l’alerter. L’homme était un peu trop empressé à faire signer les contrats. Léon répond qu’il était sous le charme. Son banquier était souriant, serviable. Mielleux. “Il se pliait en quatre. Il se déplaçait même en soirée.”

La mariée était trop belle : Léon, trop confiant, y a laissé une fortune.

Cela se passait en juillet 1999, donc bien avant le passage à l’Euro. Nous sommes en juillet 2022, vingt-trois ans plus tard, et le pensionné persiste à calculer son préjudice en francs de l’époque : 601 000 FB. Il ne les a pas revus et ne les reverra jamais : en dépit de toutes ses démarches, la justice n’a jamais voulu prendre le dossier. Pour elle, simplement, “rien n’a été démontré ni établi”.

Et c’est ce qui met Léon en rage. Le vieil homme a frappé à toutes les portes. Il s’est adressé aux banques, aux services de médiation, à la police, à la justice. Personne n’a rien pu, ou voulu, faire pour lui. Il a maintenant 80 ans et vit, avec sa femme Nadège et leur chien Pipo, dans le sud de l’Espagne. C’est la mésaventure qu’il a souhaité partager à nos lecteurs.

Léon Fryczynski était dans la marine marchande. Il a navigué trente-sept ans sur toutes les mers du monde. Un jour en Alaska, trois mois plus tard à Kyoto ou à Sydney. Il a fini bosco, maître d’équipage. En mer, Léon n’avait rien à apprendre de personne. C’était différent à terre, où il était comme l’oiseau pour le chat, facile à filouter. Il savait qu’en mer, les hommes n’ont qu’une parole. Il a appris à ses dépens que c’est à terre qu’on croise les requins.

Au moment de prendre sa retraite, en 1999, des projets l’ont amené à solliciter un prêt. Ce banquier mielleux, qu’on lui avait recommandé, inspirait confiance. Léon affirme qu’il lui aurait fait signer des documents en blanc, des documents bancaires “avec des vides” qu’il remplissait lui-même pour, disait-il, “me faciliter le travail.” Quand les doutes sont apparus, le banquier aurait cherché à gagner du temps. “Il m’a baratiné. Il me suppliait de patienter avant d’aller à la police, soi-disant qu’il faisait son enquête pour identifier les responsables. Ce gredin avait encore l’audace de rejeter ses erreurs sur des collègues.”

Dans l’entretien, Léon raconte qu’il s’est laissé attendrir, cherchant à se persuader que son banquier était peut-être quand même correct et honnête. Il explique ainsi qu’il n’a finalement déposé plainte qu’en 2007. Le banquier n’a pas paru inquiet : “Dépose ta plainte. Mais sache que je connais le procureur du Roi, et même très bien.” En un an, l’affaire était classée sans suite.

Le combat commençait. Il a épuisé quatre avocats dont Léon ne dit que du mal. “Mes avocats étaient tous onéreux et tous remarquablement inefficaces, plus rapides à me réclamer des sous qu’à faire ce qu’il fallait.” Léon a pris les choses en main. Il s’est adressé au SPF Économie, à l’organisme Ombudsfin, au Conseil supérieur de la magistrature. Il a écrit au Premier ministre, au ministre de la Justice. Autant de désillusions.

Alors, devant les rebuffades, sa plume est devenue féroce. Léon traite les juges de “satrapes babyloniens”. Il accuse la justice d’être “soumise aux diktats d’une bande de voleurs”. Il prétend des magistrats qu’ils “manient très bien la toge, celle qui fait disparaître les choses qu’elle recouvre”.

L’ancien marin s’est aussi adressé à des procureurs du Roi, à des avocats généraux et même au Premier président de la Cour de cassation. Ses courriers ont déclenché des réactions. On lui a conseillé de mesurer ses propos. On l’a menacé de poursuites pour diffamation, calomnie, insultes et injures à magistrats. On peut dire que Léon s’en contrefiche. Il le disait encore ce week-end : “Je sais ce que je fais. Je prends mes responsabilités.

Pour dire vrai, la justice estime que Léon doit s’en prendre à lui-même. Un magistrat le lui a écrit : “Votre confiance aveugle et votre manque de prudence élémentaire ont dépassé les limites concevables.” Un autre ajoute qu’à supposer même qu’il ait été victime d’un banquier escroc, “l’affaire serait prescrite et l’action publique éteinte depuis longtemps”. Mais Léon n’écoute pas. Ne veut rien savoir. Il pense à ses 601 000 francs belges qui feraient une belle somme au jour d’aujourd’hui. Il ne veut ni la pitié, ni qu’on le plaigne. Le vieux loup de mer réclame seulement justice. “On m’a entubé et ça ne passe pas. C’est une question de dignité.”

Léon et Nadège se sont installés définitivement à Almunecar, sur la côte andalouse, la Costa Tropical, avec Pipo, un chien perdu qu’ils ont recueilli dans un refuge. Ils avaient espéré devenir propriétaires. C’est resté au stade du rêve. Un ami leur loue l’appartement. “Nous sommes ici grâce à Willy, un vieil ami, un homme de parole. Pas ce genre d’homme à qui j’ai fait confiance il y a vingt ans.”

Nous nous parlons dimanche. Léon veut encore espérer que la justice réagira. “Je souhaite une solution qui passe par la condamnation du banquier véreux (sic). Je possède une dizaine de preuves limpides de sa collusion que je tiens à la disposition de la police et de la justice.”

Léon espère. Il peine à contenir sa colère.

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