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La famille de Frank Goes choquée par la libération du meurtrier de l’homme d’affaires: “Que faut-il faire dans ce pays pour être en prison ?”

La famille de Frank Goes choquée par la libération du meurtrier de l'homme d'affaires: "Que faut-il faire dans ce pays pour être en prison ?"
Written by admin7

C’était il y a moins de deux ans. Le 29 septembre 2020. Ce soir-là à 18 h 30, Frank Goes, administrateur des entreprises Goest et président de la Fédération de la Construction (FEGC) est tué de plusieurs coups de couteau en pleine rue, alors qu’il sortait du siège de sa société, à Jette. Le mobile du crime demeure alors inconnu et l’épouse de la victime et ses deux enfants songent à une tentative de vol avec violence qui aurait mal tourné. Mais ce n’était pas le PC portable de Frank Goes que le meurtrier visait. Loin de là. Deux mois après les faits, l’enquête mènera la police vers Dylan Duby, un jeune homme de 24 ans, ancien joueur de foot liégeois, qui déclarera avoir été missionné par un commanditaire pour “faire peur” à Frank Goes, contre la somme de 10 000 euros. Au total, cinq personnes seront arrêtées. Dylan Duby, un complice présumé, deux intermédiaires et un patron de société de construction, désigné comme le commanditaire de cet assassinat.

“C’est l’incompréhension totale”

Moins de deux ans après le drame, tous sont libres. Dylan Duby, placé jusqu’alors sous bracelet électronique, vient d’obtenir sa libération sous conditions (ne pas quitter le territoire, etc.) par la chambre des mises en accusation. Une décision qui choque profondément l’épouse de la victime, Karin Goes et ses enfants. “Que faut-il faire dans ce pays pour être en prison ?”, interroge la scientifique de 56 ans. “C’est l’incompréhension totale”, s’exclame son fils. “Il a avoué avoir tué mon mari, il avait déjà un casier judiciaire avec ce crime, il dit avoir agi pour la somme de 10 000 euros. Il avait fait plusieurs repérages avant de passer à l’acte, il nous a même suivis au restaurant quelques jours avant. Un traceur avait été placé sous le véhicule de mon mari. Il est même venu surveiller notre maison. Il savait parfaitement ce qu’il faisait et, moins de deux ans après les faits, on le libère, avant même le procès. Je ne lui en veux pas à lui de demander sa libération, ni à son avocat d’ailleurs. Mais comment, en tant que juge, on peut dormir paisiblement en sachant qu’on libère une personne qui potentiellement peut récidiver, avant même son jugement. Quelles sont les valeurs de notre société ? Et surtout, pourquoi ? Pourquoi décider de le libérer maintenant ? Qu’on nous explique seulement les raisons. Il n’y en a pas. Si ses proches étaient en phase terminale, je pourrais encore, à la limite, comprendre. Mais là, rien”, répète Karin Goes. “Il faut commettre un génocide pour être en prison ? Que fait-on du droit des victimes ? C’est trop difficile de comprendre et d’accepter cette décision”, poursuit son fils de 31 ans.

“Les policiers ont mené une incroyable enquête pour remonter au meurtrier et au commanditaire. Ils ont fait un travail remarquable et quelques mois plus tard, voilà ce que la justice leur envoie comme signal. Qu’on me motive cette libération parce que là, je ne comprends pas”, s’exclame encore Karin.

“Nous ne reverrons plus jamais papa. Il avait pourtant tant de projets. Tout cela pour une histoire de conflit sur un marché public. Nous ne comprenons pas pourquoi le commanditaire, dont la société fait un chiffre d’affaires annuel de plus de 8 millions d’euros, a voulu faire exécuter quelqu’un pour ce genre de conflit. Ce qui est encore plus incompréhensible, c’est le message que la justice véhicule en libérant des meurtriers avant même leur procès. On ne peut pas rester silencieux face à de telles décisions”, ajoute le fils de Frank Goes. Défendue par les pénalistes Sven Mary et Jean-Philippe Mayence, la famille Goes sort du silence dans l’espoir de conscientiser la justice sur l’impact que ce type de décisions peut avoir sur les victimes de manière générale. “On demande au moins des explications”, termine Karin.

“D’un point de vue humain, je comprends tout à fait la réaction émotionnelle de la famille de Frank Goes”, déclare l’avocat Sven Mary. “Si j’étais dans leur situation, je réagirais aussi de cette façon. C’est tout simplement terrible. Mais en tant qu’avocat rationnel, je constate qu’il s’agit d’une application très stricte de la loi sur la détention provisoire. En tant qu’avocat, je respecte cette décision. Mais après 27 ans de pratique juridique, je peux seulement dire que cela reste une énorme loterie. Je vois parfois des suspects qui n’ont pas commis de meurtre et qui sont en détention provisoire plus longtemps. Pourquoi l’un l’est et l’autre non ? Je ne sais pas. Je ne suis peut-être pas assez intelligent pour ça”, ajoute cyniquement le pénaliste.

“Il n’y a pas lieu de s’émouvoir”

Contactée par nos soins, l’avocate de Dylan Duby, Me Nathalie Gallant, dit ne pas comprendre cette réaction : “Monsieur Dylan D. a bien été libéré sous conditions par arrêt de la chambre des mises en accusation de Bruxelles du 27 juin 2022. Cette libération qui intervient après plus de 18 mois de détention préventive fait suite aux libérations préalables du présumé recruteur de Dylan et du présumé commanditaire des faits commis au préjudice de Monsieur Goes. Sans commanditaire, il n’y a pas d’exécutant et c’est grâce aux aveux de Dylan que les enquêteurs ont pu remonter jusqu’aux autres inculpés et identifier d’autres potentielles victimes. Il n’y a donc pas lieu de s’émouvoir de cette libération sous conditions strictes. L’heure n’est pas à un débat sur la qualification des faits, débat qui se déroulera devant la cour d’assises de même que celui sur la juste peine à infliger. Une libération n’est pas un déni de justice mais une juste application de la loi belge sur la détention préventive. Dylan regrette profondément le geste qui a ôté la vie à Monsieur Goes même s’il est conscient que ses regrets ne font pas le poids par rapport à la souffrance de la famille de la victime.”

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